Article: Les métiers du numérique se conjuguent aussi au féminin

Femme travaillant dans le numérique
Femme travaillant comme programmeuse informatique

À l’heure du tout numérique, les femmes ne représentent 27,4 % des effectifs, contre 46,.8 % dans tous les secteurs d’activité confondus, selon Talents du numérique. Certains organismes luttent contre ces faibles chiffres, et proposent aux femmes éloignées de l’emploi de renforcer leurs compétences numériques et/ou de s’intégrer à ce secteur où des postes vacants persistent. Trois exemples d’initiatives qui tournent autour de l’accompagnement, la sensibilisation et les formations courtes. 

Le trio gagnant de Social Builder : orienter, former et accompagner 

Social Builder est une association qui veut changer les chiffres de la place des femmes dans les métiers du numérique. Lorraine Lenoir, directrice des opérations chez SocialBuilder nous a parlé de ces postes vacants dans le domaine du numérique : “il y a vraiment énormément de postes à pourvoir, du recrutement et de l’évolution professionnelle”. 

L’association mise sur trois leviers pour changer les choses. L’orientation, c’est-à-dire faire découvrir ces nouveaux domaines “parce que ces métiers, leur richesse et leurs diversités, sont assez méconnus”. La formation avec “des parcours certifiants ou diplômants pour reconvertir les femmes vers des métiers qui recrutent, donc des métiers techniques”. Et pour finir un accompagnement pour le retour à l’emploi “via notamment des actions auprès d’entreprises, des forums de l’emploi, pour que ces femmes puissent trouver un job”. Plus globalement, l’association propose deux types de formation : “soit des formations courtes du type SheMeansBusiness, soit des formations métiers de trois à dix-huit mois qui sont des parcours de reconversion à un métier du numérique”.

Les formations sont diverses, comme le profil de ces femmes : “Nous avons des profils de femmes qui n’ont pas forcément de diplôme, à des femmes qui sont un peu diplômées, le point commun de toutes ces femmes, c’est qu’elles sont curieuses de ces métiers-là, elles ont envie d’y aller, ou en tout cas ça les interpelle”. 

Attirer les talents féminins dans les écoles : le cas de l’école 42 

La sensibilisation est un des facteurs indispensables pour la féminisation du secteur. Sophie Viger dirige l’école 42 depuis 2018. Il s’agit d’un organisme de formation en informatique, fondé notamment par Xavier Niel, entièrement gratuite et ouverte à tous “sans condition de diplôme”, lit-on dans un communiqué. Avec une pédagogie particulière : un fonctionnement participatif avec un apprentissage par projet. 

En 2019, l’école pouvait se vanter d’un taux de féminisation de 26 % pour leur épreuve de la piscine, qui est une immersion dans le domaine du code pour évaluer les motivations des potentiel(le)s étudiant(e)s. La directrice expliquait que “dans le creuset de 42, qui promeut le peer-learning et la collaboration, on trouve déjà cette grande ouverture, sans discrimination, qui attire les femmes et enclenche les solidarités”, dans une interview pour Le Monde Informatique

Pour convaincre les femmes, plusieurs éléments ont été mis en place. Notamment des groupes de travail en interne sur les questions de mixité. Des référent(e)s mixité ont également été désigné(e)s dans l’établissement, ainsi que des quotas d’objectif. La directrice explique également, toujours dans le cadre d’une interview pour Le Monde Informatique que « 42 ambassadrices interviennent dans les collèges et lycées ». 

Formation courte et concrète : “No codeuse”

L’organisme WinSide s’est construit autour d’un constat face au monde de l’innovation. Houcine Menacer, le CEO, nous explique que “le monde de l’innovation est souvent structuré autour d’une même typologie de personne, à savoir trentenaire, qui sort d’une école de commerce ou d’une école d’ingénieur”. Selon lui, dans les incubateurs d’innovation, “vous voyez très peu de personnes en seconde partie de carrière”. “Or, d’un côté, ce monde de l’innovation a en effet de nouvelles méthodologies de travail, de nouveaux outils, mais il manque l’expérience. Et de l’autre côté vous avez un marché de l’emploi qui augmente au niveau des seniors et des personnes en seconde partie de carrière qui justement ont cette expérience et ces compétences. Mais ces deux univers ne se parlent pas, ne communiquent pas”. WinSide veut faire le lien entre ces deux univers. 

Houcine Menacer nous explique que : “quand vous êtes une femme, en seconde partie de carrière, c’est la double peine. Nous avons créé cette formation No Codeuse en partenariat avec l’association Féminisme Populaire”. Il s’agit d’une formation de deux mois, dédiée aux femmes en recherche d’emploi entre 40 et 55 ans, en région parisienne pour devenir développeuse web. Avec un objectif d’accompagnement : “nous nous intéressons surtout à la présentation de leur nouveau parcours, la constitution de leur projet professionnel” explique le CEO, qu’il s’agisse d’un projet entrepreneurial ou d’une montée en compétence pour augmenter son employabilité. 

Lorraine Lenoir, la directrice des opérations chez Social Builder rappelle que les entreprises du numériques sont à la recherche de plus de mixité. Elle ajoute que ces entreprises “sont à la recherche de profils de femme, donc les femmes sont attendues dans ces métiers, il faut oser”. 

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